dimanche 10 mai 2009

Me cherchez pas

Non, pas la peine de prier pour des nouvelles notes, de vouloir savoir ce que j'ai pensé de Wolverine ou Le sens de la vie pour 9,99$, je n'ai pas le temps.
Là, tout de suite, en ce moment même, j'écoute l'orage gronder, à Prun', tout en bossant sur un montage pour les Dix Ans de la radio.
Donc, si vous voulez avoir des nouvelles, lisez le Blog des Dix Ans de Prun', j'y met un article deux fois par semaine (avec pleins de vidéos).
Affiche cliquable
Et puis, je compte sur vous pour venir fêter comme il se doit cet anniversaire magique !
Pour finir, voici le dernier montage en date que j'ai fait pour Dipp. Enjoy !


I'll be back !

mardi 28 avril 2009

Still Walking,

Pas grand chose de palpitant cette semaine au ciné.
Heureusement, il y a le nouveau film du réalisateur de
Nobody Knows : Kore-Eda Hirokazu.
Il s'agit de
Still Walking !
Réalisé par Kore-Eda Hirokazu
Avec Hiroshi Abe, Yoshio Harada, Kirin Kiki
Nous sommes transportés à Yokohama, dans une famille endeuillée, réunie à l'occasion de l'anniversaire de la mort de leur fils. Le deuxième fils, désavoué et marié avec une veuve avec un enfant, vient passer deux jours chez ses parents. Chronique subtile sur le deuil et sur les rapports parents/enfants, le film montre le déroulement de ce séjour, sans plus. Dit comme ça, on peut avoir l'impression qu'il ne se passe rien. Ce n'est pas faux, ici, pas de rebondissements, de drame soudain, ou autre. Pourtant on est de suite embarqué dans l'histoire, essayant de récolter des indices dans ces conversations anodines au premier abord.
La force du film réside dans son apparente simplicité. Les dialogues sont des trésors de réalisme, on y parle de tout et de rien, de cuisine ou de musique et pourtant, chaque réplique apporte un petit quelque chose aux personnages ou nous renseigne sur leur passé. Kore-Eda Hirokazu est d'une subtilité étonnante, il nous montre des scènes sans intérêt apparent, mais à la beauté farouche et fascinante. Il n'y a rien d'inutile dans Still Walking, chaque plan apporte sa pierre à cette construction plus complexe qu'il n'y parait.
L'interprétation est de haute-volée, du grand-père acariâtre au petit fils taciturne, tous sont patiemment construits. C'est l'authenticité qui prime, les acteurs sont d'une justesse sans pareille, délaissant le superflu et les tics de cinéma. C'est une intrusion dans une famille blessée que Kore-Eda Hirokazu nous propose et le voyage est passionnant. Le film est très beau, délicat et feutré. la mise en scène n'est que douceurs et volupté épaulée par une photo superbe.
Encore une fois, nous avons droit à une histoire où le mode de vie japonais est mis en exergue. On retrouve ce sens de l'honneur et du paraître prédominant, cette "phobie" du contact physique et une hiérarchie sociale inévitable. On assiste aussi à beaucoup de rites traditionnels, qui sont souvent emplis de solennité mais en décalage avec la réalité.
C'est aussi un film où les thèmes de la transmission, du deuil et de la vieillesse sont abordés. Et sans lourdeur.
comme disaient les autres : faut pas faire chier mémé !
Vous avez compris, Still Walking est un îlot de délicatesse, une perle de subtilité interprétée avec sobriété et d'une beauté rare. Pour ceux qui ont apprécié Tokyo Sonata, c'est un film qui poursuivra joliment votre incursion dans le mode de vie japonais.

Prochaine chronique :
Wolverine !
Ça va trancher, chérie.

mercredi 22 avril 2009

Watchmen, at last...

Bonjour à tous,
je suis un peu honteux, ça fait un moment que j'ai commencé cette note sans réussir à la poster. Mais vu que je tenais à la mettre.

Car j'ai été voir le film le plus attendu par les geeks en ce début 2009 :
Watchmen, les Gardiens !

Réalisé par Zack Snyder Avec Jackie Earle Haley (Rorschach), Patrick Wilson (Le Hibou), Malin Akerman (Le Spectre Soyeux), Matthew Goode (Ozymandias), Billy Crudup (Dr Manhattan), Jeffrey Dean Morgan (Le Comédien)
Le comics original d'Alan Moore Et Dave Gibbons est une œuvre mythique de la BD d'outre-atlantique. Le passer par le prisme du cinéma était donc une opération à haut risque qui pouvait déclencher des furies destructrices de la part des fans. C'est pour ça que Zack Snyder a été choisi, il est vrai qu'après L'armée des morts et 300, ce dernier possédait un capital sympathie non négligeable chez les nerds de tous bords.
Le comic est foisonnant, tellement qu'il a traîné une réputation d'inadaptabilité au grand écran. En tout cas beaucoup s'y sont cassé les dents, et pas des moindres : Terry Gilliam (décidément, un sacré poissard) et Daren Aronofksy. Deux réalisateurs avec une vraie vision de mise en scène et des partis-pris potentiellement déroutants. Mais voilà, même le génie Gilliam a déclaré qu'il était inadaptable. Zack Snyder ne fait pas partie de la même famille de cinéastes : c'est un animeur d'image, un adaptateur fidèle (au maximum), un metteur en images.

Résultat il a relevé le défi à sa façon, se concentrant sur l'aspect visuel et taillant dans la masse de l'œuvre. Il a gardé l'essence de l'histoire de Moore, enlevant beaucoup des intrigues secondaires essayant de ne pas trop perdre le spectateur dans une intrigue labyrinthique. Car il est vrai qu'il aurait fallu plus d'une dizaine d'heures de film pour traiter correctement la chose.
Sur ce point on ne peut pas en vouloir à Snyder, et s'il a fallut qu'il change la fin pour garder une cohérence, que ceux qui ont lu le comic essaient d'imaginer ce qu'elle aurait donné au ciné : c'était le meilleur moyen de sombrer dans le ridicule. Par ailleurs cette fin garde sans conteste l'esprit de l'originale, je dirait même qu'elle est plutôt bien trouvée.
Vous l'avez compris je n'ai pas beaucoup de griefs à l'encontre de Zack Snyder (dont il est vrai que je me suis délecté de son Armée des Morts), car, en restant réaliste, je pense qu'il a fait une adaptation des plus fidèles et qu'il pouvait pas s'en sortir beaucoup mieux étant donné le matériau original et sa complexité.
Il reste évident qu'il est primordial de lire la BD d'Alan Moore, car toutes ces intrigues secondaires, extrêmement bien construites, lui donnent une saveur incroyable. Visuellement le film est un régal, très fidèle, il a même gagné en noirceur, nous offrant des images superbes. Le générique de début, rien qu'à lui mérite le déplacement. Pour ma part, je l'ai déjà revu un bon paquet de fois sur le net (faites-vous plaisir ici). Snyder a eu la bonne idée de garder une couleur musicale fidèle à l'époque en utilisant des artistes historiques (fini Nine inch nails !), Hendrix, Dylan, Janis Joplin, Léonard Cohen, etc. Idée judicieuse et qui apporte un plus au film, malheureusement, elle est aussi à l'origine de la plus mauvaise scène du film.
Car la scène d'amour entre les personnages principaux (du film) est inutilement rallongée, filmée au ralentit et sur laquelle résonne le Hallelujah de Cohen rendant le tout tellement cliché que ça en devient nauséeux. Phénomène similaire à la scène de débarquement au Vietnam accompagné par La Chevauchée des Valkyries. Mais il s'agit là que de deux incidents isolés, car le film est tenu par des acteurs inspirés et excellents. Et tout particulièrement Jeffrey Dean Morgan qui nous livre un Comédien désabusé et cynique à souhait, et surtout Jackie Earle Haley qui a donné chair à Rorschach. Flippant, menaçant, fou, il est extraordinaire et met sa voix de baryton (ou de basse, je sais pas bien) au service de son personnage lui donnant encore plus de consistance.

Au vu du défit qui s'est présenté à lui, Zack Snyder a réussi une adaptation très fidèle et un film de super-héros plus noir et complexe que la moyenne. Vous n'avez aucune raison de ne pas le voir ! Who watch the Watchmen ? ps : Si les adaptations de comics au cinéma vous passionnent, j'en au parlé longuement dans l'émission de mon cousin Alexis : 100 ans de cinéma

lundi 20 avril 2009

OSS 117 : mes zygomatiques ne répondent plus

Ce coup-ci je n'ai même pas attendu plus d'un jour pour aller le voir. Pas moyen de rater ce qui s'annonçait comme une comédie culte.
Résultat : évènement Facebook de créé et donc neufs gros lourds aux rires gras dans les premiers rang d'une grande salle de zone commerciale.
Vraiment désolé pour ceux que l'on a dérangé, mais qu'est ce qu'on a kiffé OSS 117 : Rio ne répond plus !

Réalisé par Michel Hazanavicius (cet homme était déjà l'un des deux responsables de La Classe Américaine)
Avec Jean Dujardin
Le premier OSS 117 avait été une agréable surprise : dans l'avalanche de comédies bravaches, enfilant les clichés humoristiques sur un embryon de concept. Le film prenait tout à rebrousse poil, sous des aspects parodiques éculés, il nous proposait un vrai humour. Porté par un Dujardin en roue libre, prêt à tout pour servir les blagues, parfois limites, de Hazanavicius. Limites peut-être, mais tellement rafraîchissantes dans l'univers figé des comédies à la française. Pour une fois le héros était irrécupérable, n'avait aucune excuse, portait sa stupidité en étendard, sans aucune happy-end le réhabilitant.
Une bouffée d'air frais donc, qui permet de ne pas rougir de honte quand on voit des bijoux comme Présentateur Vedette ou Tonnerre sous les tropiques. La prestation de Dujardin a même été remarquée chez les observateurs attentifs d'outre-atlantique (si-si j'l'ai lu j'sais pu où). Mais est-ce que sa suite serai aussi corrosive et inspirée ? Là était la question.
Rio ne répond plus, se passe une dizaine d'année après le premier volet, et c'est une excellente idée, car notre James Bond au rabais n'est plus juste macho, raciste, inculte et mou du bulbe, il est aussi confronté à une génération qu'il ne comprend pas. C'est donc une nouvelle source d'humour, là encore bien éloigné de la culture du quiproquo (ahah, Kad il fait semblant d'être handicapé pour pas aller dans le nord !), mais qui n'est pas non plus dans le gros lourd scato. On a un personnage qui est finalement surtout niais, naïf et qui croit à 200% en ce qu'il fait.
Un gosse, quoi.

OSS 117, n'est pas une parodie des tics de mise en scène ou de scénario des James Bond, mais plus un film d'agent secret humoristique. Et c'est beaucoup plus frais, pas de répétition de gimmicks détournés, mais des clins d'œil appuyés (le jardinier). Ce deuxième opus est plus léger, le rythme est beaucoup plus soutenu (malgré une petite baisse de régime vers la fin) et le film plus abouti.
Et enfin, il y a Jean Dujardin. Il en fait des caisses, toujours à fond, on le sent heureux comme un petit garçon qui vient d'avoir un super costume et qui est tellement dans le personnage qu'il continue même à table (ce qui peut lui valoir une réprimande à base d'endives au jambon). C'est grâce à lui que beaucoup de répliques sont hilarantes, son interprétation ajoute un rythme, un ton, une mimique qui vont changer un sourire en éclat de rire.
Ça c'est moi en vacances à Pornic
OSS 117 : Rio ne répond plus est un film à voir absolument, une bouffée d'air frais dans le milieux des comédies au cinéma (françaises comme internationales). C'est une suite plus aboutie avec un casting en or (Pierre Bellemarre !) et de l'humour toujours meilleur.

Vous savez ce qu'il vous reste à faire ?

Todo bièn !


Ps : n'oubliez pas que les Dix Ans de Prun' se rapprochent, plus de news ici.

mardi 14 avril 2009

Safari, critique et conjectures

Je le savais en prenant ma place que j'allais au devant de grosses déconvenues. Mais bon, étant amateur de Mais Qui A Tué Pamela Rose et Un Ticket Pour l'Espace, j'avais envie de voir ce que donnerai le retour de Kad&O sur grand écran.
Du coup j'ai été voir
Safari !

Réalisé par Olivier Baroux
Avec Kad Merad, Lionel Abelanski et Valérie Benguigui
Voilà un film qui s'inscrit parfaitement dans l'avalanche de comédies françaises actuelles : un scénario qui n'a rien d'exceptionnel (le héros est placé dans une situation où il est obligé d'enchaîner les gaffes) et des acteurs en vogue (deux d'entre eux ont fait les Ch'ti). Seulement le film est réalisé par Olivier Baroux et il y retrouve, pour le rôle principal, son pote de toujours, Kad Merad (quelques kilos en plus et un salaire surgonflé). Voilà qui augure de l'humour absurde à foison, des déguisements stupides et de la parodie déjanté.
Malheureusement, pour ceux qui ont vu le bande-annonce, Safari avait surtout l'air d'une bonne grosse comédie des familles, avec amant dans le placard et blagues éculées. Et ça en prend pas mal la direction, le film est très très très consensuel. Pas d'histoire sans queue ni tête, pas de poulet géant, pas de seconds rôles complètement fous, Olivier confirme le tournant amorcé avec Ce soir je dors chez toi. Fini le politiquement incorrect, l'humour est lisse, toute situation potentiellement tendancieuse est tout de suite désamorcée. Mais elle reste esquissée, comme un clin d'oeil aux fans de KDO à l'esprit tordu.
Mais que ces derniers se rassurent, le film est quand même régulièrement drôle. Au milieu des passages obligés de ce types de comédies road-trip sur le dépassement de soi (tout le monde a son petit secret, et le plus souvent c'est un cliché), il y a des moments de pur bonheur pour les zygomatiques. L'humour absurde est lui aussi présent, moins féroce et irrévérencieux que dans leurs précédents films. Kad y retrouve un personnage qui lui va comme un gant, un grand benêt peureux mais fier, qui assume à fond toutes ses conneries. A côté de lui le casting est un peu palot, à part les vieux briscards de ce type de film comme Lionel Abelanski, Nicolas Marié ou Omar Sy (monsieur "je suis dans tous les films de l'année"). Plus étonnant, Yannick Noah s'en tire très très bien et campe, pas trop mal, l'un des personnages les plus intéressant et original de Safari.
Au niveau de la mise en scène, on a parfois l'impression d'être devant une pub pour le ministère du tourisme d'Afrique du Sud : longs travellings (magnifiques) sur les paysages, couchers de soleil, troupeaux de buffles qui courent au ralenti, etc. Tout ça est très joli, mais cela ne fait que rajouter dans le côté consensuel de la chose.
C'est là où l'on en vient aux conjectures : soit Olivier Baroux a voulu faire un film résolument grand public, quitte à réfréner l'humour naze que l'on aime tellement, soit la pression d'une grosse production (avec producteurs relous) a eu raison de lui...

Safari est un film trop propre pour être un KDO, mais dans lequel les fans retrouveront sans peine l'humour du duo. Pas ennuyant pour autant, le film est agréable, sans être inoubliable.

Booyaaa !

Ps : je suis toujours pas convaincu que mettre un lion en image de synthèse ce soit très judicieux...
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