lundi 19 janvier 2009

Slumdog Millionaire, Danny's Back !

Il a bousculé la cérémonie des golden globes, volant tous les prix à L'Echange ou Benjamin Button.
Formidable coup de pub pour le film, tremplin vers les oscars, retour en crédibilité de DannyBoyle (régulièrement malmené par la critique) : mais comme souvent lorsqu'un film est soudainement aussi exposé et encensé, la déception est de la partie...

Alors qu'en est-il de ce film au pitch original ? Est-il à la hauteur des attentes qu'il suscite ?
Parlons un peu de Slumdog Millionaire !
Réalisé par Danny Boyle
Avec : Dev Patel ... Jamal Malik (déjà remarqué dans l'excellente série britannique
Skins sur des ados en furie, qui reprend, sur la chaîne E4, le 22 janvier pour sa troisième saison avec un casting tout nouveau !)
Freida Pinto ... Latika
Slumdog est une expression qui pourrait être traduite par "chien d'égout", un habitant des bas-fond qui vivrait dans un taudis, la caste des "intouchables" en Inde. Alors, forcément, quand à Mumbai, anciennement Bombay, un jeune garçon issu des bidonvilles parvient dans les derniers niveaux du jeu "Qui veut gagner des millions ?", exactement le même que le notre avec un Foucault local plus taquin, les autorités se demandent s'il n'aurait pas un peu trichouillé.
Voilà le point de départ du film sur lequel va se greffer tout un tas de flashbacks sur l'enfance de Jamal, le héros, qui vont être autant d'occasions pour faire le portrait très peu reluisant de l'Inde moderne. Car c'est finalement de cela qu'il s'agit, l'Inde et son système de castes ne peut que difficilement accepter qu'un "intouchable" se montre plus intelligent que des avocats ou des professeurs, mais en même temps, globalisation oblige, cette histoire à la Cendrillon fascine les foules et rassemble autour de ce héros.
Le jeux télévisé est la colonne vertébrale du film sur laquelle vont venir s'appuyer des extraits de la vie du héros, et par la même des passages de l'histoire de l'Inde. Pauvreté, corruption, massacres envers les musulmans, instrumentalisation des orphelins reconvertis en mendiants, violences conjugales, sexisme, prostitution, et bien sûr ce qui sous-tend tout le film : le déterminisme social dû au système des castes.
Ce qui est malin de la part de Boyle, c'est de traiter toutes ces tares à travers une success-story. Il ne livre pas un film manifeste, dénonciateur, culpabilisateur, qui pointe du doigt et fait déprimer. Il montre comment un jeune garçon, courageux et malin (comme tous les héros de contes de fée) a réussi à passer outre tous ces handicaps et il le fait avec humour et un sacré sens du spectacle. C'est un film coloré, rythmé, qui ne s'appesantit pas sur les aspects tragiques, sans pour autant les éluder. C'est un film d'apprentissage, un film romantique aussi, parce que forcément tout héros a sa princesse et forcément c'est pour elle qu'il se surpasse (jouée par la belle Freida Pinto). Slumdog Milionaire est un film riche, puisqu'il traite aussi de la fratrie, de l'appât du gain, du développement économique très rapide de la ville, etc.
Danny Boyle réussit en plus à maintenir une tension constante : le jeu télévisé rythmant le film, la pression monte au fur et à mesure des questions. Il faut dire que "Qui veut gagner des millions" est déjà fait de façon à faire monter l'angoisse, mais avec en plus le montage inspiré de Danny Boyle et cette histoire en forme de success-story, on a du mal à tenir sur son siège... Le montage est particulièrement soigné, car le film va parfois reposer sur trois espace-temps différents : le présent, où Jamal s'explique dans le commissariat ; le passé proche quand le commissaire passe la vidéo du jeux ; et les différents flashbacks de l'enfance de Jamal. Le tout pour finir par revenir au présent, sans pour autant perdre le spectateur une seconde. C'est un superbe travail de construction narrative et un montage de haute-volée !
Si on ajoute une interprétation sans faille (la scène de la préparation du sandwich !!!), vous allez me dire que c'est le film parfait. Et bien il y a quand même quelques petits aspects qui gênent.
Le film est un véritable tire-larmes ! En voulant impliquer le spectateur à fond et lui faire ressentir la pression, Danny Boyle a poussé le bouchon parfois un peu loin et manqué de subtilité par moment. Les petits montages de Jamal se remémorant les images de son enfance en léger fondu, les yeux dans le vague, on se croirait dans un clip des 90's !
Mais c'est bien la seule chose que l'on peut reprocher à ce très bon film.
Allez-y, courrez-y, c'est pour toute la famille et c'est du bon !

Bon je vous laisse, j'ai une émission sur le feu et la grande dernière de
Happy Hour ce soir.


EDIT :
Chris Dickens vient d'être nominé pour les oscars dans la catégorie meilleur montage, et franchement, son travail est just awesome !

5 commentaires:

Etienne a dit…

Que quoi que quoi, Danny boyle fait un film avec une histoire génial!!
Que nénies c'est une adaptation d'un très bon livre qui se trouve dans ma bibliothèque. Je ne me souviens malheureusement pas du titre ni de l'auteur, mais si tu suivait plus intensément mes recommandations livresques tu l'aurais déjà lu.

Korril a dit…

Damned ! Je suis découvert !

Vite ! Corrigeons cette erreur :
Il s'agit du roman de Vikas Swarup : "Les Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devient milliardaire".

Voilà.

Yoann a dit…

Très bonne critique pour un excellent film!

Korril a dit…

Hey, Yo !
Merci, et merci aussi pour Dikenek, j'en ris encore !

LILIBOX a dit…

le montage est bien rythmé,la Bo est d'enfer, les couleurs saturées , mais l'histoire est un peu répetitive (une question ...la preuve en image.)
Et finalement le bien triomphe (toujours) du mal !!

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